La truite fario
 

La truite fario est une espèce emblématique des ruisseaux et rivières de nos territoires. Prisée par les pêcheurs en quête de poissons sauvages, elle représente un réel atout pour le Pays. Poisson de cours d’eau aux eaux fraiches et bien oxygénées, elle constitue un véritable indicateur de bon état des milieux aquatiques, tant au niveau de la qualité physico-chimique (température de l’eau adaptée, oxygénation importante, faibles teneurs en matières en suspension, etc.) qu’au niveau de la qualité physique des cours d’eau (diversité des écoulements, diversité des substrats, diversité des habitats, etc.). Ainsi, au cours de son cycle de développement, la truite fario va utiliser plusieurs zones au sein d’un même réseau hydrographique, celles-ci devant être connectées entre elles pour assurer la survie de l’espèce.

En effet, comme on peut le voir sur le schéma ci-dessous, la truite adulte dépose ses œufs dans des poches de graviers appelées frayères, permettant d’assurer une circulation de l’eau et de l’oxygène. Ces zones de frayères sont le plus souvent situées sur les petits ruisseaux, dont les débits sont tels que les œufs ne pourront être emportés même en période de crue. Les alevins émergents de la frayère trouveront dans ces petits ruisseaux les zones de refuge nécessaire à leur développement. Puis, lors de leur croissance, ils dévaleront les petits ruisseaux pour peupler les ruisseaux de plus grand gabarit et trouver les habitats nécessaires à leur abri  et à leur nourriture (sous-berges, racines, profonds, végétaux aquatiques …). Arrivés à maturité, les géniteurs remonteront les ruisseaux pour atteindre les zones de frayères et recommencer le cycle.

Truites fario sur frayère

La migration de la truite vers les zones de frayères a lieu en septembre-octobre, généralement lors d’épisodes de crues, qui permettent aux géniteurs d’accéder aux ruisseaux plus petits. Les truites adultes peuvent ainsi parcourir plusieurs kilomètres à la recherche des meilleures zones de frai.

 

Ce cycle de vie implique que les différentes zones nécessaires à son développement soient fonctionnelles et reliées entre elles. La présence d’obstacles tels que des buses ou des étangs sur les cours d’eau empêchent de fait la migration des géniteurs. L’émission de matières en suspension par le piétinement répété du bétail, les exploitations forestières ou  les vidanges d’étangs mal maîtrisées concourent à recouvrir les fragiles zones de graviers de sable et de vase qui colmatent les frayères et asphyxient les œufs.

Ainsi, par différents facteurs le plus souvent cumulés, le cycle de vie de la truite fario peut être fortement perturbé, mettant en péril la survie de l’espèce sur certains cours d’eau. Des solutions existent pour restaurer les fonctionnalités des milieux aquatiques, et les rendre plus accueillants pour la truite fario et ses espèces d’accompagnement (vairons, loche franche, chabot). Les contrats territoriaux menés par le Pays Monts et Barrages et les actions qui en découlent constituent un des outils mobilisables au service des milieux aquatiques et de leur préservation, donc au service de cette espèce emblématique qu’est la truite fario.

 

Télécharger la plaquette de la Fédération de Pêche de la Haute-Vienne sur le déclin de la truite fario.

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