Les écrevisses

La France compte trois espèces indigènes d’écrevisses : l’Ecrevisse à pieds blancs (Austrapotamobius pallipes), l’Ecrevisse à pattes rouges (Astacus astacus) et l’Ecrevisse des torrents (Austropotamobius torrentium). Ces espèces sont progressivement supplantées par les écrevisses exotiques envahissantes. Sur le territoire du Pays Monts et Barrages, l’Ecrevisse à pieds blancs est l’espèce autochtone la plus présente historiquement. Celle-ci peuplait la quasi-totalité des cours d’eau du territoire au début du XXe siècle.

 

 

L’Ecrevisse à pieds blancs :

 

L’Ecrevisse à pieds blancs est une espèce de crustacé vivant en eau douce. Son régime alimentaire est assez opportuniste. Elle peut consommer des débris végétaux, des insectes, des poissons morts, des invertébrés aquatiques et terrestres. Ce sont les éboueurs de nos cours d’eau, elles contribuent grandement à l’équilibre du milieu. L’Ecrevisse à pattes blanches est lucifuge : elle craint la lumière directe du soleil. Son activité est donc essentiellement nocturne et crépusculaire. En dehors de cette période d’activité l’Ecrevisse reste dans sa cache qui est généralement aménagée sous une pierre, dans les racines immergées ou les litières.

L’Ecrevisse à pieds blancs est une espèce dont les populations abondaient dans l’ensemble du territoire français jusqu’au XIXème siècle, aussi bien en plaine qu’en montagne. Cette espèce, à l’origine la plus répandue en France (voir carte), est encore présente dans quelques ruisseaux du Pays Monts et Barrages mais ses peuplements ont fortement régressé et on ne les retrouve plus aujourd’hui que dans les parties les plus amonts des réseaux hydrographiques.

L’Ecrevisse à pieds blancs présente des exigences écologiques strictes. Elle a besoin d’eaux de bonne qualité, fraîches et bien oxygénées et apprécie les milieux riches et les abris variés (sédiments grossiers, sous-berge, racines, herbiers aquatiques, etc.) qui les protègent du courant et des prédateurs. Cette espèce possède une valeur patrimoniale forte et constitue un indicateur de bonne qualité des eaux.

L’Ecrevisse à pieds blancs connaît de nombreuses menaces. L’altération physique de son biotope a été le premier facteur de régression (ensablement du lit mineur, curage des sédiments et destruction des berges, modification des régimes hydrauliques et thermiques). Elle est également sensible à toute forme de pollution et de dégradation de la qualité de l’eau (pesticides, micropolluants). Aujourd’hui, l’Ecrevisse à pieds blancs est également menacée par l’invasion des écrevisses exotiques souvent plus performantes (compétition territoriale et alimentaire). Ces dernières sont aussi porteuses saines de la peste de l’écrevisse (« aphanomycose »), à laquelle les écrevisses indigènes sont sensibles et qui est susceptible d’engendrer la mortalité de l’ensemble d’une population.

Considérée comme vulnérable en France, elle a le statut d’espèce protégée (arrêté du 21 juillet 1983) et figure aux annexes II et V de la directive « habitat-faune-flore », ainsi qu’à l’annexe III de la convention de Berne.

L’Ecrevisse de Californie :

 

Cinq espèces d’écrevisses exotiques, toutes originaires de l’Amérique du Nord, sont actuellement présentes en France. L’Ecrevisse de Californie (Pacifastacus leniusculus) est l’espèce non indigène la plus répandue sur notre territoire. Celle-ci s’est répandue sur l’ensemble du territoire depuis leur introduction (voir carte ci-dessous).

Les écrevisses américaines concurrencent fortement les écrevisses indigènes et sont porteuses  saines de la peste des écrevisses, pouvant décimer les populations d’écrevisses à pieds blancs. Leur présence affecte également les communautés de plantes aquatiques, d’invertébrés et de poissons. Il a ainsi été observé qu’elles ont une influence négative sur le recrutement en juvéniles de truites.

Au niveau réglementaire, les écrevisses américaines sont identifiées comme « espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques » (article R. 432-5 du Code de l’Environnement). L’introduction des écrevisses exotiques dans le milieu naturel est interdite par le Code de l’Environnement (L. 411-3), afin d’éviter les préjudices aux milieux naturels. Il est autorisé de les pêcher durant les périodes de pêche et ceci sans limitation de nombre ni de taille. Leur statut d’espèces nuisibles interdit de les remettre vivantes à l’eau.

 

Le rôle du Pays Monts et Barrages :

 

Le Pays Monts et Barrages participe au suivi des populations d’Ecrevisses à pieds blancs présentes sur son territoire. Il est en effet primordial de connaître la répartition et l’état de santé d’une espèce pour pouvoir mieux la protéger.

Des réflexions sont menées pour réaliser des aménagements permettant d’empêcher aux Ecrevisses de Californie d’entrer en contact avec les Ecrevisses à pieds blancs.

 

Sources :

 

Etat de l’art de l’Ecrevisse à pattes blanches – Saules et eaux - 2010

La situation des écrevisses en France – CSP – 2006

CR Journée technique « Gestion de la faune exotique envahissante » - Plan Loire Grandeur Nature - 2015

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