La moule perlière

La moule perlière (Margaritifera margaritifera) :

La moule perlière ou autrement appelée mulette perlière d’eau douce est une espèce emblématique des ruisseaux et rivières de nos territoires. Ce mollusque appartient à la famille des Margaritiferidae.

 

La moule perlière est inscrite dans de nombreux textes de protections comme la liste rouge de l'UICN « menacée », aux annexes II et V de la directive habitat, à l’annexe III de la convention de Berne, etc…

Elle représente un indicateur du bon état écologique des milieux aquatiques dû au fait de sa forte sensibilité aux polluants. En France, 60 % des stations connues ont disparu des cours d’eau au début du 20ème siècle avec une diminution d’effectif national de plus de 90 % (Cochet 2002).

 

Description : 

La moule perlière est constituée de 2 valves maintenues par 2 muscles adducteurs. Les valves sont recouvertes à l’extérieur par un épiderme organique nommé le périostracum et à l’intérieur par de la nacre blanche. Le périostracum est de couleur brunâtre pour les individus juvéniles, et de couleur noire pour les adultes.

 Sur la surface de la valve, on observe des stries d’accroissements correspondant aux années de croissances. La moule perlière ne possède pas de glande pour pouvoir se fixer sur un support comme ses cousines marines. Elle se dépose sur le substrat du cours d’eau. Sa capacité de déplacement est relativement faible malgré la présence d’un « pied » situé au centre du corps.  Elle possède une grande longévité puisqu’elle peut atteindre l’âge de 240 ans dans les cours d’eau d’Europe du Nord, et environ 100 ans sous nos latitudes. Elle se nourrit en inhalant l’eau par son siphon (environ 50 litres d’eau par jours).

 

Cycle de développement :

La reproduction débute par absorption de la semence du mâle par la femelle. Les œufs se développent dans la femelle pendant quelques semaines. Puis ils sont relâchés sous forme de larves nommées glochidies. Le développement larvaire commence lors de la fixation sur les branchies d’un poisson hôte (la Truite fario en Pays Monts et Barrages). Elles vont absorber la lymphe du poisson hôte. La truite arc-en-ciel, largement déversée pour la pêche de loisirs ne peut être un hôte convenable (Young et Williams 1984). Les glochidies restent fixées 9 mois sur le poisson hôte (celle-ci faisant office de vecteur de remontée vers l’amont du cours d’eau). Après avoir subi quelques modifications, les juvéniles vont se détacher des branchies et se laissent tomber au fond du cours d’eau où elles pourront s’enfouir pendant 4 à 10 ans. Les juvéniles pendant cette période vont se nourrir de film bactérien présent à l’interface du substrat et de l’eau interstitielle. Enfin, la juvénile réapparaît à la surface du substrat. 

 

Répartition de la mulette en France :

La répartition est très hétérogène car seulement 80 cours d’eau abritent encore des moules perlières donc 59 rivières appartiennent au Massif Central et au Massif du Morvan (Cochet 2002). Plusieurs stations sont connues sur le territoire Monts et Barrages comme la Haute-Vallée de la Vienne. 

 

Liste non-exhaustive de perturbations :

La diminution de la population de moule perlière d’eau douce en France peut s’expliquer par de nombreuses menaces :

  • Surexploitation de l'homme pour la perle autrefois (Cambry et Souvestre 1835; Bonnemère 1901; Cochet 2002)
  • Modification physique des cours d'eau comme le recalibrage ou l’érosion des parcelles riveraines.
  • Fabrication d'ouvrage sur ou à proximité des cours d'eau
  • Diminution de la population de Salmonidae par surpêche, braconnage et/ou dégradation du milieu
  • Dégradation de la qualité physico-chimique des cours d'eau (Skinner, Young, et Hastie 2003).
  • Colmatage du lit des cours d'eau jouant un impact sur la phase juvénile, généralement dû à l'érosion des berges sous l'action du bétail.
  • Menace par la prédation du rat musqué (Ondatra zibethicus) qui consomme le mollusque (Zahner-Meike et Hanson 2001). La loutre (Lutra lutra) a un impact surtout indirect en consommant les poissons hôtes.

 

 

Bibliographie :

Bonnemère, Lionel. 1901. Les Mollusques des eaux douces de France et leurs perles, par Lionel Bonnemère. Institut international de bibliographie scientifique.

Cambry, Jacques, et Émile Souvestre. 1835. Voyage dans le Finistère. Come, fils Ainé, et Bonetbeau, fils.

Cochet, G. 2002. « Margaritifera margaritifera, la Mulette perlière–In: Cahiers d’habitats Natura 2000. Connaissance et gestion des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. Tome 7. Espèces animales ». La documentation Française.

Skinner, Anne, Mark Young, et Lee Hastie. 2003. Ecology of the Freshwater Pearl Mussel: Margaritifera Margaritifera. English Nature.

Wächtler, Klaus, Maria C. Dreher-Mansur, et Torsten Richter. 2001. « Larval types and early postlarval biology in naiads (Unionoida) ». In Ecology and evolution of the freshwater mussels Unionoida, 93125. Springer. http://link.springer.com/chapter/10.1007/978-3-642-56869-5_6.

Young, M., et J. Williams. 1984. « The reproductive biology of the freshwater pearl mussel Margaritifera margaritifera (Linn.) in Scotland. I: Field studies ». Archiv für Hydrobiologie 99 (4): 40522.

Zahner-Meike, Elke, et J. Mark Hanson. 2001. « Effect of muskrat predation on naiads ». In Ecology and evolution of the freshwater mussels Unionoida, 16384. Springer. http://link.springer.com/chapter/10.1007/978-3-642-56869-5_10.

 

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