Les plantes exotiques envahissantes

Qu'est-ce que c'est ?

 

Aussi appelées plantes invasives, ce sont des espèces végétales introduites de façon volontaire ou accidentelle (souvent par l’homme) sur un territoire, où elles ont un impact négatif au niveau écologique, économique et sanitaire. Aujourd’hui, ces plantes sont largement répandues sur tout le territoire, et le travail des gestionnaires consiste surtout à les contenir. Parmi elles, on distingue notamment les plantes envahissantes dites émergentes. Ces espèces sont encore peu présentes sur le territoire, mais elles sont connues pour être invasives dans d’autres régions/pays. C’est sur ces espèces là en particulier que le PETR du Pays Monts et Barrages a choisi d’axer ses efforts de gestion.

 

Retrouvez ici un guide d'identification simplifié pour vous aider à repérer les plantes invasives émergentes présentes sur le territoire du Pays Monts et Barrages.

 

A savoir :

Parce qu’elles sont souvent méconnues, les plantes invasives continuent leur expansion à travers le monde, ce qui risque de mener à terme à une homogénéisation mondiale de la diversité végétale.

Le constat est le même en ce qui concerne les introductions d’animaux exotiques, qui peuvent eux aussi posséder des caractéristiques envahissantes.

 

 

Pourquoi lutter contre ces espèces ?

 

C’est parce que les plantes exotiques envahissantes sont généralement à l’origine de nuisances de nature variée (écologique, économique ou sanitaire) qu’il est nécessaire de mettre en place des stratégies de lutte contre ces espèces. Cela passe par deux aspects complémentaires:

- la prévention, qui a pour but de limiter les introductions de plantes envahissantes dans l’environnement

- la gestion, qui consiste à limiter l’expansion ou éliminer certaines populations de plantes invasives déjà présentes dans la nature.

 

Retrouvez la liste des plantes exotiques envahissantes présentes sur le territoire du Pays Monts et Barrages et leurs impacts en cliquant ici !

 

Les nuisances liées aux invasives en quelques exemples :

 

   L'impact écologique :

 

Les Renouées asiatiques sont connues pour envahir les berges des cours d’eau (Figure 2). Elles prennent alors la place d’espèces indigènes: en effet, ces plantes se retrouvent privées de lumière au milieu de ces massifs denses et sont incapables d’aller s’installer ailleurs. Elles finissent donc par s’éteindre localement. De plus, pour être certaines d’éliminer toute concurrence, les Renouées sont capable de libérer dans le sol des molécules allélopathiques, c’est à dire qu’elles empêchent les autres espèces de pousser. De cette façon, on se retrouve aujourd’hui avec pour seule espèce de berge, sur plusieurs kilomètres de long parfois, une Renouée asiatique.

Mis à part la forte perte de diversité biologique locale, cela participe également à fragiliser les berges colonisées. Cela s'explique par le fait que les arbres qui y poussent normalement ont pour rôle de maintenir les berges avec leurs racines, à la fois solides et profondes. Les renouées, elles, ne possèdent pas ce genre de racines. Elles sont alors incapables de maintenir les berges en place, qui finissent par s'effondrer à cause de l'érosion exercée par l'eau.

 

 

 Figure 1 : Photo prise sur les berges d'un cours d'eau (au Canada) envahis par les renouées asiatiques (source:

https://www.green-grass.be/single-post/2015/06/23/La-renou%C3%A9e-du-Japon).

 

   L'impact économique :

 

Lorsque que l’enjeu est fort, il devient parfois nécessaire d’éliminer totalement les

massifs gênants. Dans le cas de la Jussie par exemple, qui est une plante qui s’installe dans les lacs et tout autour, il arrive régulièrement qu’on soit obligé de l’éradiquer parce qu’elle gène les activités liées au point d’eau (la pêche, les loisirs, le bon écoulement de l’eau etc…). A ce moment là, il est nécessaire :

- de louer un engin pour arracher les plantes depuis les berges

- d’en louer un autre qui puisse les arracher dans l’eau, parfois en profondeur

- d’engager de la main d’oeuvre capable de manier ces engins

- de disposer des filets dans l’eau lors de l’intervention, pour éviter que des morceaux de plantes ne se dispersent

- de finaliser l’opération par un arrachage manuel de ce qui n’a pas pu être retiré par les machines

- parfois de transporter les déchets verts (avec précaution) sur un autre site

- de faire sécher puis de brûler les déchets végétaux issus de cette intervention

- de traiter la terre qui peut contenir des graines ou des restes de racines

- de nettoyer tout le matériel pour éviter la propagation de cette plante

- de surveiller la zone d’intervention pendant plusieurs années pour éviter les repousses

- parfois, de mettre en place de nouveaux chantiers d’arrachage car certaines plantes repoussent malgré tout. 

 

Vous l’aurez compris, éliminer ce genre de massifs est une opération très compliquée qui s’avère souvent extrêmement coûteuse.

 

  

 

 

Figures 2 et 3 : Photos d'opérations d'arrachage mécanique de Jussies (en Belgique et à Roanne - 42) (sources:

http://www.energis-nauticservices.fr/arrachage-mecanique-de-jussie.html et http://site.crdg.be/site/thematique-plantes-invasives/520-quelles-solutions-a-lexpansion-des-plantes-invasives-de-la-prevention-a-la-gestion.html).

 

 

Il arrive aussi que les conséquences économiques liées à une espèce invasive se mesurent à l’échelle d’une récolte. C’est le cas de certaines Vergerettes invasives (Vergerette de Sumatra ou Vergerette du Canada), qui sont des adventices importantes des cultures. Cela signifie qu’elles poussent au milieu des cultures sans y avoir été semées. Elles posent problème car elles entrent en compétition avec les espèces cultivées (pour la lumière, l’eau, les nutriments, etc…). La récolte issue des cultures « parasitées » est alors moi bonne, et les champs doivent être désherbés régulièrement.

 

 

Figure 4 : Champs cultivé envahi par la Vergerette du Canada (Etats-Unis) (source:

http://www.lafranceagricole.fr/actu-de-la-semaine/etats-unis-les-ogm-roundup-ready-confrontes-allemagne-salaire-ades-resistances-1,0,19297940.html).

 

   L’impact sanitaire :

 

Certaines espèces, notamment lors de la période de floraison, posent de graves problèmes de santé publique. Prenons l’exemple la Berce du Caucase. Cette plante, similaire à la Berce commune (espèce locale très courante), possède une sève qui si elle entre en contact avec notre peau et que nous nous exposons au soleil peut causer des brûlures et plus généralement de graves lésions de la peau.

 

D’autres, comme l’Ambroisie à feuilles d’armoises, possèdent un pollen extrêmement allergisant qui peut provoquer une rhinite, parfois associée à une conjonctivite ou à une trachéite. Cela peut aller jusqu’à provoquer des crises d’asthme et déclencher des éruptions cutanées.

 

 

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